#4 | Archiver Afropea

Hello ! Cette nouvelle lettre pour vous annoncer notre premier événement intitulé: Archiving Afropea / Archiver Afropea qui aura lieu le 15 mai à 14h (heure de Paris) en ligne. L’événement sera également diffusé via Facebook Live.


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La notion d’afropea est encore récente dans les Études afro-diasporiques mais souligne des réalités multiples déjà en œuvre. Afropea désigne en effet les dynamiques culturelles, artistiques qui sont rattachées aux expériences des personnes noires nées (ou arrivées très tôt) et socialisées en Europe.Qu’est-ce que ça veut dire d’archiver afropea ? Archiver c’est prendre position, c’est donner de la valeur à des objets culturels, des expériences humaines méritant selon un point de vue, une urgence, une obsession d’être gardés et transmis. Archiver c’est prendre du recul sur des dynamiques et pointer leurs singularités “archivables”. Sur Instagram, des comptes d’archives collectées sur les expériences et les vécus afropéens ont été créés. Cette pratique montre la légitimation en cours et la réflexion qui s’opère sur ces identités par les concerné.es.

Qu’est-ce qui fait “archives” ? Qu’est-ce que veut dire “archiver à partir d’une perspective noire” ? Quelle place ont les archives afropéennes au sein des archives noires, panafricaines ?

Une discussion avec Karis Beaumont (Bumpkin Files), Julia Cabrera & Iris María Sastre-Rivero (Afroespaña), Aminata Ndow & Mohamed Barrie (Black History Month Belgium), Marie-Julie Chalu (afropea). Animée par Aude Konan.

Samedi 15 mai 2021 à 14h (heure de Paris), 13h (heure de Londres).

L’événement se fera en anglais.

Visuel de Marina Wilson à partir d’une photo de Nicolas Faure. Photo tirée d’une série consacrée à des familles vivant en Suisse.

Lien d’inscription: https://www.eventbrite.fr/e/billets-archiving-afropea-archiver-afropea-152715549319


À la prochaine 😉
Envoyée le 12 mai 2021. Pour s’inscrire aux nouvelles lettres, c’est ici.

#3 | 2021…

2021 a commencé dans la continuité d’un 2020 marqué par la pandémie COVID-19. Nous vous souhaitons tout de même une année riche en santé et projets enthousiasmants. afropea continue tant bien que mal et s’adapte aux conditions en proposant son 6ème entretien sous forme de vidéo-conférence (voir ci-dessous). Nous avons aussi lancé un appel à contributions depuis l’année dernière et travaillons à organiser des événements où nous pourrons enfin nous rencontrer, en ligne sûrement 🙂

(image de l’édito: Collectif Afro-Swiss au sein duquel notre invitée Pamela Ohene-Nyako a milité)


VOIR 


Pamela Ohene-Nyako, une expérience afro-suisse

Pour notre sixième entretien, on s’adapte à la situation actuelle tout en s’affranchissant des frontières en rencontrant par vidéo-conférence Pamela Ohene-Nyako, chercheuse et fondatrice de la plateforme Afrolitt’ basée près de Genève en Suisse.

On commence par se dire comment elle se sent et comment elle s’est adaptée pour mener à bien son projet Afrolitt’ avec lequel elle organise notamment des rencontres autour des littératures noires. En nous racontant la genèse du projet, elle nous explique comme la littérature noire a été un allié dans sa reconstruction après sa dépression causée par la pression d’une société patriarcale et raciste. Elle aborde la littérature noire comme une source thérapeutique et un outil à l’éveil politique, l’un ne va pas sans l’autre, nous dit-elle. Elle a aussi développé avec cette plateforme les Afrolitt’ Webseries et les Afrolitt’ Cooks (projet qu’elle a initié lors du confinement). Nous avons discuté de l’éventuelle existence d’une littérature afro-suisse qui en est à ses débuts avec des publications de témoignages par exemple et de la pertinence du terme « afro-suisse ». Nous avons échangé également sur le terme « afropéen.ne », et qu’au-delà du mot c’est le récit qu’on en fait qui est important. Assistante doctorante à l’université de Genève, Pamela prépare une thèse sur les circulations transnationales et les mobilisations des femmes noires d’Europe entre 1970 et 1990. Durant cette période, des groupes de femmes noires ou racisées développent déjà une approche intersectionnelle (race/genre/classe) pour penser leur émancipation politique. Elle a également milité auprès du collectif Afro-Swiss et nous parle de différents groupes afroféministes existants en Suisse. Sont abordés aussi durant l’entretien l’héritage colonial suisse et les particularités de l’expérience noire en Suisse. La Suisse clame une innocence face au legs colonial et se défend de l’existence d’un racisme structurel par rapport à la France ou à l’Angleterre, se rapprochant des Pays Bas sur ce point. Pour finir, nous avons parlé d’utopie(s).

Voir la vidéo ici.


TOUR DU WEB


Femme et Noire en Suisse romande : le parcours des combattantes (Le Temps)

Néhémie Lemal met en lumière une jeunesse lyonnaise noire (Neon Mag)

Une série de 5 portraits d’Afro-Italien.nes par Aminata Aidara (Jeune Afrique): le premier est sur Antonio Dikele Distefano que nous avions présenté dans notre Mois de l’histoire afropéenne 2020.

May Ayim: Hoffnung im Herz, le film de Maria Binder sur May Ayim, poétesse et militante afro-allemande, est disponible en VOD sur Vimeo.


SUR AFROPEA


– Découvrez le documentaire de Sabrina Onana Crossing the color line sur les expériences de jeunes Afro-italien.nes.

– Retrouvez ici notre appel à contributions. N’hésitez pas à le partager !


À la prochaine 😉
Envoyée le 8 mars 2021. Pour s’inscrire aux nouvelles lettres c’est ici.

#2 | De quoi le post-confinement est-il fait ?

Le confinement a exacerbé les systèmes d’oppression raciale, patriarcale, classiste, validiste (entre autres) qui structurent nos sociétés. Il a également mis en exergue le délabrement de l’hôpital public et le caractère absurde et violent du système capitaliste. Le post-confinement est donc fait de révoltes. Après le meurtre de l’Afro-états unien George Floyd par un policier blanc à Minneapolis (États-Unis), une vague de protestations dans le monde s’est manifestée pour dire que les vies noires comptent, pour lutter contre le racisme structurel. En Europe, elles ont été nombreuses. À Paris, Nantes, Marseille, Londres, Amsterdam, Bruxelles, Rome, Genève, Zurich, Lisbonne, Berlin… Toutes les violences policières racistes parsemées au sein de l’Atlantique noir sont liées et font partie d’un continuum historique qui a pris la race comme matrice. Dans un prolongement de déconstruction de l’ordre dominant, des statues de colons, d’esclavagistes sont déboulonnées ou tagguées : à Bristol (Edward Colston), à Bruxelles (Léopold II), à Paris (Gallieni et Colbert auteur du Code Noir), à la Roche-sur-Yon (Napoléon), à Prague (Churchill). Ainsi qu’en Martinique, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, aux États-Unis.
Ce climat favorise à populariser des réflexions révolutionnaires, radicales comme l’abolition de la police, comme l’articulation entre le legs colonial et le racisme d’État.

LES VIES NOIRES COMPTENT. BLACK LIVES MATTER. LAS VIDAS NEGRAS IMPORTAN. LE VITE NERE CONTANO. VIDAS NEGRAS IMPORTAM. SCHWARZE LEBEN ZÄHLEN.

(image de l’édito: ph d’Audrey Couppé de Kermadec datant du 2 juin 2020 lors de la manifestation Justice pour Adama. À nos humanités révoltées est le titre du recueil de poésie de Kiyémis.)


VOIR


Pour le premier numéro de son émission radio, l’équipe d’Afroxploitation nous a invité avec l’artiste Seumboy à échanger sur l’actualité de notre point de vue d’artistes afrodescendant.es. Nous avons parlé de nos projets respectifs à savoir Histoires crépues (voir ci-dessous) et afropea ainsi que des manifestations “Vérité et Justice pour Adama Traoré” qui ont eu lieu à Paris, des statues déboulonnées et du confinement.

À voir et à écouter ici.


DÉCOUVRIR


L’artiste Seumboy a récemment ouvert la chaine YouTube Histoires crépues qui traite de la complexité des histoires coloniales. Avec ses vidéos richement documentées et illustrées, il offre un outil de vulgarisation pertinent et percutant sur notre héritage colonial commun. Abonnez-vous !

Aujourd’hui, lundi 29 juin, à 19h, Seumboy échangera avec Joao Gabriell penseur et militant panafricain autour de ces questions :
“L’histoire coloniale est un sujet qui soulève beaucoup de questions d’actualité. Dans le contexte du mouvement international Black Lives Matter, comment peut-on développer une approche française de la lutte anti-raciste ? Est-ce qu’il faut remplacer les statues déboulonnées ? Par quoi ? Y a t-il un intérêt à se situer comme Noir, Racisé.e, Afrodescendant.e, panafricaniste, Afropéen.ne ??”

Discussion à écouter sur le compte Instagram d’Histoires crépues : @histoires_crepues.


TOUR DU WEB


Ici aussi le racisme tue ! : plus de 10 000 personnes ont répondu à l’appel de Black Lives Matter Suisse pour dénoncer le racisme systémique et les violences policières qui sévissent dans le pays.

Aux racines du racisme systémique de la police : dans cette tribune, l’universitaire Grégory Pierrot remonte aux origines du racisme policier français. Il évoque notamment la “police des Noirs” décrétée sous Louis XVI pour soumettre le séjour des “noirs, mulâtres, ou autres gens de couleur” en métropole à des réglementations strictes.

What does black British activism look like in 2020 ?

Afro-Czechs on visibility, racism and life in the Czech Republic (Part I), Part (II) : Les Afro-Tchèques sont les descendants des soldats afro-états uniens venus libérer le pays ou des étudiants africains et cubains partis étudier à Prague entre 1961 et 1974. Le terme “afro-tchèque” (afročeši) a été créé par Obonete Ubam, écrivain et activiste tchèque-nigérian.

Rap français, je ne suis pas ton négro : “L’embrouille entre Ateyaba et Kekra, en mars dernier, soulève l’un des derniers tabous du rap français : le mot « négro ». À l’heure où les codes du hip-hop se généralisent, ce terme ultrasensible échappe aux mains de la communauté noire. Pourtant, il serait temps que les rappeurs et le public se demandent qui a le droit, et qui n’a pas le droit de le dire. Mais sommes-nous prêts à avoir cette discussion ?”

Laura Nsafou, afropéenne et universelle

Éva Doumbia, sur la route de l’afropéanisme


SUR AFROPEA


Découvrez Zap Mama, l’artiste qui est à l’origine du mot “Afropea”.

Pour notre entretien #5, nous avons échangé avec Olivier Gbezera, poète belgo-centrafricain, sur les différences entre la France et la Belgique concernant leur passé colonial, l’expérience métisse, la francophonie entre autres.

Retrouvez également nos précédents entretiens avec Maboula Soumahoro, Fania Noël, Kiyémis et Éva Doumbia.


Bel été et à la prochaine 😉
Envoyée le 29 juin 2020. Pour s’inscrire aux nouvelles lettres, c’est ici.

#1 | 20.20

Nous sommes encore en janvier, il est encore temps de vous souhaiter une bonne année 2020 remplie de défis à relever, de curiosités toujours attisées et de rencontres surprenantes ! 😀 Les nouvelles lettres sont une sélection commentée de l’actualité artistique afropéenne. C’est avec plaisir que nous vous envoyons la première d’une longue série, nous l’espérons. (image de l’édito: Hilda Kortei, Calm before the storm)


LIRE


Le 6 février sort l’ouvrage de l’universitaire Maboula Soumahoro Le Triangle et l’Hexagone : Réflexions sur une identité noire aux éditions La Découverte. Un évènement est organisé ce jour au Hasard Ludique à Paris pour fêter la sortie du livre. “Le Triangle et l’Hexagone”, un beau titre pour inscrire la France dans l’espace Africana au sein duquel Maboula Soumahoro a évolué au gré de ses études, ses voyages, ses pérégrinations. Pour notre quatrième entretien, nous avons pu échanger avec elle. L’entretien sera disponible le mois prochain !

Ph: Gaël Rapon

TOUR DU WEB


Être noir.e en France: Maboula Soumahoro en parle dans le podcast Programme B.

– Elle explique également sur Konbini pourquoi il n’y aura jamais de ‘bon’ blackface.

– Le lourd passé colonial des pays scandinaves dont on ne parle jamais.

Grandir en tant qu’enfant métis.se en Europe de l’Est. (en anglais)

– Emma Dabiri raconte son expérience de femme noire à Dublin. (en anglais)


SUR AFROPEA


Tout au long du mois de février, afropea fêtera son évènement fictif l’Afropean History Month (Le mois de l’histoire afropéenne) sur le modèle du Black History Month états-unien. Découvrez durant ce mois une série de portraits d’artistes, sportif.ves, intellectuel.les, activistes qui font les histoires afropéennes passées et présentes. L’année dernière, nous l’avions célébré principalement sur Instagram. Cette année, retrouvez l’évènement également sur Facebook.

Découvrez aussi la marque Yvonne Koné.
Retrouvez nos 3 entretiens avec Éva Doumbia, Kiyémis et Fania Noël.


À la prochaine 😉

 

Envoyée le 30 janvier 2020. Pour s’inscrire aux nouvelles lettres c’est ici.