#2 | De quoi le post-confinement est-il fait ?

Le confinement a exacerbé les systèmes d’oppression raciale, patriarcale, classiste, validiste (entre autres) qui structurent nos sociétés. Il a également mis en exergue le délabrement de l’hôpital public et le caractère absurde et violent du système capitaliste. Le post-confinement est donc fait de révoltes. Après le meurtre de l’Afro-états unien George Floyd par un policier blanc à Minneapolis (États-Unis), une vague de protestations dans le monde s’est manifestée pour dire que les vies noires comptent, pour lutter contre le racisme structurel. En Europe, elles ont été nombreuses. À Paris, Nantes, Marseille, Londres, Amsterdam, Bruxelles, Rome, Genève, Zurich, Lisbonne, Berlin… Toutes les violences policières racistes parsemées au sein de l’Atlantique noir sont liées et font partie d’un continuum historique qui a pris la race comme matrice. Dans un prolongement de déconstruction de l’ordre dominant, des statues de colons, d’esclavagistes sont déboulonnées ou tagguées : à Bristol (Edward Colston), à Bruxelles (Léopold II), à Paris (Gallieni et Colbert auteur du Code Noir), à la Roche-sur-Yon (Napoléon), à Prague (Churchill). Ainsi qu’en Martinique, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, aux États-Unis.
Ce climat favorise à populariser des réflexions révolutionnaires, radicales comme l’abolition de la police, comme l’articulation entre le legs colonial et le racisme d’État.

LES VIES NOIRES COMPTENT. BLACK LIVES MATTER. LAS VIDAS NEGRAS IMPORTAN. LE VITE NERE CONTANO. VIDAS NEGRAS IMPORTAM. SCHWARZE LEBEN ZÄHLEN.

(image de l’édito: ph d’Audrey Couppé de Kermadec datant du 2 juin 2020 lors de la manifestation Justice pour Adama. À nos humanités révoltées est le titre du recueil de poésie de Kiyémis.)


VOIR


Pour le premier numéro de son émission radio, l’équipe d’Afroxploitation nous a invité avec l’artiste Seumboy à échanger sur l’actualité de notre point de vue d’artistes afrodescendant.es. Nous avons parlé de nos projets respectifs à savoir Histoires crépues (voir ci-dessous) et afropea ainsi que des manifestations “Vérité et Justice pour Adama Traoré” qui ont eu lieu à Paris, des statues déboulonnées et du confinement.

À voir et à écouter ici.


DÉCOUVRIR


L’artiste Seumboy a récemment ouvert la chaine YouTube Histoires crépues qui traite de la complexité des histoires coloniales. Avec ses vidéos richement documentées et illustrées, il offre un outil de vulgarisation pertinent et percutant sur notre héritage colonial commun. Abonnez-vous !

Aujourd’hui, lundi 29 juin, à 19h, Seumboy échangera avec Joao Gabriell penseur et militant panafricain autour de ces questions :
“L’histoire coloniale est un sujet qui soulève beaucoup de questions d’actualité. Dans le contexte du mouvement international Black Lives Matter, comment peut-on développer une approche française de la lutte anti-raciste ? Est-ce qu’il faut remplacer les statues déboulonnées ? Par quoi ? Y a t-il un intérêt à se situer comme Noir, Racisé.e, Afrodescendant.e, panafricaniste, Afropéen.ne ??”

Discussion à écouter sur le compte Instagram d’Histoires crépues : @histoires_crepues.


TOUR DU WEB


Ici aussi le racisme tue ! : plus de 10 000 personnes ont répondu à l’appel de Black Lives Matter Suisse pour dénoncer le racisme systémique et les violences policières qui sévissent dans le pays.

Aux racines du racisme systémique de la police : dans cette tribune, l’universitaire Grégory Pierrot remonte aux origines du racisme policier français. Il évoque notamment la “police des Noirs” décrétée sous Louis XVI pour soumettre le séjour des “noirs, mulâtres, ou autres gens de couleur” en métropole à des réglementations strictes.

What does black British activism look like in 2020 ?

Afro-Czechs on visibility, racism and life in the Czech Republic (Part I), Part (II) : Les Afro-Tchèques sont les descendants des soldats afro-états uniens venus libérer le pays ou des étudiants africains et cubains partis étudier à Prague entre 1961 et 1974. Le terme “afro-tchèque” (afročeši) a été créé par Obonete Ubam, écrivain et activiste tchèque-nigérian.

Rap français, je ne suis pas ton négro : “L’embrouille entre Ateyaba et Kekra, en mars dernier, soulève l’un des derniers tabous du rap français : le mot « négro ». À l’heure où les codes du hip-hop se généralisent, ce terme ultrasensible échappe aux mains de la communauté noire. Pourtant, il serait temps que les rappeurs et le public se demandent qui a le droit, et qui n’a pas le droit de le dire. Mais sommes-nous prêts à avoir cette discussion ?”

Laura Nsafou, afropéenne et universelle

Éva Doumbia, sur la route de l’afropéanisme


SUR AFROPEA


Découvrez Zap Mama, l’artiste qui est à l’origine du mot “Afropea”.

Pour notre entretien #5, nous avons échangé avec Olivier Gbezera, poète belgo-centrafricain, sur les différences entre la France et la Belgique concernant leur passé colonial, l’expérience métisse, la francophonie entre autres.

Retrouvez également nos précédents entretiens avec Maboula Soumahoro, Fania Noël, Kiyémis et Éva Doumbia.


Bel été et à la prochaine 😉
Envoyée le 29 juin 2020. Pour s’inscrire aux nouvelles lettres, c’est ici.